Une question de Vanya Loroch

Vanay Loroch, professeur à BSL-Business School Lausanne, interroge les auteurs à l'occasion du lancement du livre "Edupreneurial Pivot" le 9 avril 2019 à BSL...

« What’s in for me? », une question de Vanya Loroch

A l’occasion du lancement du livre « Edupreneurial Pivot », le professeur Vanya Loroch interroge les auteurs.

 

Vanya Loroch :

Je vais jouer un petit peu l’avocat du diable, je suis le chef de département de l’éducation du canton le plus arriéré de suisse, l’école doit fournir un tiers de gens qui vont faire du manuel, un quart qui vont faire un peu de commercial et puis quelques intellectuels, 3 grandes catégories. C’est la mission de l’école, c’est de fournir ça. J’achète votre livre, qu’est-ce que je vais apprendre ?

David Claivaz :

Alors, déjà si vous voyez la mission de l’école comme ça, vous allez apprendre qu’il y a des défis un peu différents pour l’école aujourd’hui et que même vos élèves manuels ont un cerveau biologique et ils doivent savoir l’utiliser, sans quoi ce sont des « manuels » qui vont passer à coté de la plaque. Donc il y a déjà une valeur de connaissance, tout bêtement, c’est-à-dire une valeur qui consiste à déplacer ces idées reçues et ces modèles. Et ça c’est véritablement quelque chose qui nous a fait plaisir, parce que le livre ne cherchait pas ça forcement, on cherchait l’état d’esprit entrepreneurial mais finalement on a fait un panorama assez complet de l’état de la question éducative. Donc déjà, dans votre prémices j’espère la déconstruire un petit peu, ça c’est déjà une première chose. Deuxième chose, il y aura peut-être un petit soulagement, parce qu’une chose qu’ont dit, et ça on a beaucoup réfléchi parce qu’on a été voir, à notre sens, l’école la plus avancée en termes d’implémentations des nouvelles technologies, c’est l’école d’Ontario. Pourquoi je suis allé voir en Ontario, car j’ai un ami très cher en Ontario mais aussi parce que l’Ontario partage avec nous une composante que la Finlande n’a pas, c’est profondément une société multiculturelle, c’est profondément une société plurielle. C’est pas du tout la même chose de faire une école dans une société monolingue et où les gens ont le même type de vie, c’est très différent. Et l’Ontario a relevé ce défi avec Michael Fullan (on aurait aimé mettre un extrait de Michael Fullan, mais celui que l’on a trouvé était un peu technique) Michael Fullan est aussi un immense consort de l’éducation et lui, il a introduit la notion de leadership pour les directeurs, il a dit « on changera l’éducation par les principals et les vice-principals ». Ils ont des programmes extrêmement pointus et même à la BSL on pourrait en rougir de ce qu’’ils font de l’éducation au niveau du leadership. Mais on a vu que même ce modèle avait ses limites pour une raison simple, c’est que le conseil d’état en charge de l’éducation dans le canton le plus arriéré de Suisse mais aussi dans le canton le plus avancée de Suisse ne sait pas ce qu’il se passera dans 3 ans, il ne peut pas le savoir donc il a besoin que tout le monde y réfléchissent, il a besoin de cette intelligence collective, donc j’espère que là on lui enlèvera un peu de soucis à ce chef de département qui doit un peu être sclérosé dans son siège, qui doit être un tout petit peu tendu, parce qu’on va lui dire « c’est pas bien grave de pas savoir ce qu’il se passera demain à partir du moment où vous faites confiance à vos enseignants ». On exige beaucoup des enseignants aujourd’hui, ils ont tous un master, ils ont tous des années supplémentaires et puis tout un coup ce sont des petits enfants, « ils ne savent plus enseigner, ils ne savent plus faire faire de choix, il faut tout leur dire » Comme ça on ne va pas s’en sortir. Et ça c’est une discussion qui me tient vraiment à cœur parce que j’admire beaucoup ce qu’il se fait en Ontario et je voulais pas dire « le leadership ce n’est pas l’entrepreuneurship » et puis me draper dans une espèce de dignité académique, que je trouve toujours un peu stérile, mais comprendre de l’intérieur s’il y avait une limite au modèle de Fullan, et je pense que la limite c’est vraiment la différence entre le leadership et l’entrepreneurship. L’entrepreneurship c’est vraiment « chacun à sa place, partage la vision » comme l’a très bien dit Dominique « utilise les ressources à disposition » donc aussi il y aura un soulagement pour vous, c’est que vos enseignants ne vont pas vous demander encore plus de ressources et encore plus de formations pour bouger un stylo, ils vont se dire « tiens je peux le bouger moi-même et commencer à avancer ». C’est toutes ces choses là qu’on essaye de développer dans le livre. Alors, évidemment, il y a une part un petit peu de… ça parait trop beau pour être vrai, mais il faut vraiment rentrer dans l’état d’esprit entrepreneurial, voir sa puissance, voir ce que ça permet de réaliser. Jack Ma c’est un exemple extraordinaire, son histoire c’est qu’il a été refusé par KFC et il construit cette espèce d’empire d’Alibaba donc c’est ce genre de chose que l’on aimerait transmettre.

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