Quand les parents comprennent et soutiennent l’innovation à l’école – François-Xavier Berclaz

Nous avons rencontré François-Xavier Berclaz à Bratsch, sur la route de Loèche-les-Bains, dans le Haut-Valais, en Suisse. François-Xavier Berclaz est le papa de deux élèves de la gd-Schule, une école qui utilise au quotidien la pédagogie du projet pour développer un village de montagne. 

Vous avez bien lu : une école qui développe un village de montagne !

Ce n’est pas uniquement l’absence des notes et des devoirs à domicile qui rend la gd-Schule unique, c’est l’enseignement tout entier qui se distingue par une approche qui vise systématiquement des réalisations concrètes, pour la plupart au service des habitants de Bratsch.

Et les parents ne sont pas en reste. L’histoire de François-Xavier Berclaz est exceptionnelle, d’abord parce qu’il a choisi de s’établir avec sa famille à Bratsch, pour que ses deux enfants puissent être inscrits à la gd-Schule. Ensuite, l’histoire de François-Xavier Berclaz est exceptionnelle aussi, parce que qu’elle est exemplaire de ce que peut devenir la relation entre parents et école au XXIe siècle.

Dans le podcast, David Claivaz revient avec François-Xavier Berclaz sur son expérience en tant que parent d’élève de la gd-Schule Bratsch, depuis le moment du choix de l’école jusqu’à l’analyse de son fonctionnement.

François-Xavier Berclaz -- parent gd-Schule Bratsch -- Décembre 2019 by Edupreneurial Pivot

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Les premiers pas

Au début du podcast, François-Xavier Berclaz expose les raisons du choix de la gd-Schule Bratsch. Au départ, la question était difficile, parce que François-Xavier Berclaz et sa famille ne savaient pas exactement quel type d’école ils recherchaient.

La découverte de la gd-Schule de Bratsch a été une révélation, mais une révélation informée. François-Xavier Berclaz a tenu à s’assurer qu’en tant qu’école, la gd-Schule saurait intégrer ses enfants dans le monde du futur. 

Pour François-Xavier Berclaz, le choix d’une école alternative ne signifie pas le choix d’une école qui prépare les enfants à un monde alternatif.

Grâce au processus d’inscription basé sur l’apprentissage mutuel, François-Xavier Berclaz a pu juger par lui-même, en venant à l’école. Ce n’est pas le discours de Damian Gsponer qui l’a convaincu, mais la réalité de ce qu’il a pu voir dans l’école.

Un nouveau quotidien scolaire

Après quelques mois d’expérience, François-Xavier Berclaz peut partager quelques impressions a au sujet du parcours de ses enfants qui ont respectivement 6 et 8 ans.

Comme il n’y a pas de cloison, les parents peuvent facilement connecter le ressenti de leurs enfants avec ce qu’ils voient directement dans la vie de l’école. A la gd-Schule, le triangle école-parents-élèves a trouvé son équilibre.

François-Xavier a remarqué chez ses enfants une grande envie d’aller à l’école dès la première semaine. L’absence de devoirs leur permet par ailleurs de se projeter dans les initiatives qu’ils vont lancer.

Une école qui ne connaît pas le risque d’Education Cliff

Dans la deuxième partie de l’interview, David Claivaz propose à François-Xavier Berclaz de passer en revue les quatre éléments identifiés à l’origine de l’Education Cliff dans le livre « Edupreneurial Pivot ».

Le modèle de la gd-Schule a su dépasser de façon particulièrement convaincante les barrières qui ralentissent habituellement l’innovation à l’école.

Barrière 1 : le principe de précaution.

La volonté de partir du projet impose une approche ouverte, qui laisse de la place à l’initiative. Pour François-Xavier Berclaz, cela débouche très naturellement sur un cercle vertueux : les enfants étant initiés au risque, ils apprennent à le maîtriser, et la confiance grandit autour des projets de l’école.

Barrière 2 : les silos

L’approche par projet implique des connexions à des niveaux multiples : entre les élèves, entre les sujets scolaires, entre les pédagogues. La poursuite d’un objectif rend les enfants curieux et demandeurs : la dynamique du projet les transporte au-delà des séparations relationnelles ou intellectuelles.

Barrière 3 : la peur de l’erreur

L’absence de notes facilite un rapport positif à l’erreur. L’accent est mis sur la valeur de l’essai, jusqu’à l’obtention d’un résultat au service du projet. Sans la barrière des notes, les enfants dépassent très vite leurs appréhensions et font entendre leurs propositions plus facilement.

Barrière 4 : la standardisation en vue de l’égalité

François-Xavier Berclaz observe qu’à Bratsch, les enfants se construisent par leurs envies et leurs attentes, plutôt que par comparaison. Quand il ne sert pas à la comparaison entre les enfants, le talent grandit plus naturellement à l’intérieur de l’être.

Une idée à partager

La qualité de l’expérience vécue par les enfants de François-Xavier Berclaz tient avant tout à la cohérence du projet de la gd-Schule Bratsch. Il est difficile d’isoler un des éléments pour en faire la clé de voute de la pédagogie ou de la méthode.

François-Xavier Berclaz a cependant accepté de se livrer au jeu du conseil de fin, en avançant une idée qui pourrait être mise en œuvre immédiatement dans toutes les écoles du monde : tout simplement demander aux élèves ce qu’ils aimeraient faire. Connaître la réponse à cette question permet d’orienter tout le reste.

Merci à François-Xavier Berclaz pour sa disponibilité. Vous trouverez plus d’information sur Bratsch et la gd-Schule sur le site de l’école (https://www.gd-vs.ch) et sur le blog d’Edupreneurial Pivot.

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